Travailler en France : autorisation de travail et changement de statut

Quels titres de séjour permettent de travailler, comment obtenir une autorisation de travail, comment passer d'« étudiant » à « salarié ». Toutes les règles ci-dessous sont vérifiées sur les sources officielles.

✓ Vérifié le 17/08/2026 — sources officielles en bas de page

L'essentiel

Quels titres de séjour permettent de travailler ?

Vous n'avez pas besoin d'autorisation de travail séparée si vous détenez notamment l'un de ces documents :

Dans les autres cas (recrutement d'un salarié étranger, changement de statut vers « salarié » ou « travailleur temporaire »), une autorisation de travail est nécessaire : voir ci-dessous.

Étudiant : combien d'heures pouvez-vous travailler ?

Avec un VLS-TS « étudiant » validé ou une carte de séjour « étudiant », vous pouvez travailler 964 heures par an maximum, soit 60 % de la durée annuelle légale du travail, sans demander d'autorisation de travail. Votre employeur doit seulement adresser une déclaration nominative à la préfecture au moins 2 jours ouvrables avant l'embauche.

⚠️ Dépasser le plafond de 964 heures vous expose au retrait ou au refus de renouvellement de votre titre de séjour. Suivez vos heures cumulées sur l'année, tous employeurs confondus.

Cas particulier : étudiants algériens

Les étudiants algériens relèvent de l'accord franco-algérien, pas du droit commun. Ils détiennent un certificat de résidence et doivent obtenir une autorisation de travail avant d'être embauchés (y compris pour un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation), dans la limite de 50 % de la durée annuelle de travail pratiquée dans la branche ou la profession concernée.

L'autorisation de travail : une démarche faite par l'employeur

Quand une autorisation de travail est nécessaire, c'est l'employeur (ou son mandataire) qui la demande, uniquement en ligne, sur le téléservice du ministère de l'Intérieur (accessible depuis la fiche officielle citée en sources). Points clés :

Changement de statut étudiant → salarié, pas à pas

  1. Anticipez le calendrier. La demande de changement de statut se dépose dans les 2 mois qui précèdent l'expiration de votre carte « étudiant », en ligne sur l'ANEF.
  2. Obtenez une promesse d'embauche ou un contrat. Sans contrat de travail signé ou promesse d'embauche, pas de carte « salarié » (CDI) ni « travailleur temporaire » (CDD).
  3. Votre employeur demande l'autorisation de travail en ligne (voir section précédente).
  4. Vérifiez si la situation de l'emploi vous est opposable. Elle ne l'est pas si le métier est en tension, ou si l'emploi est en lien avec votre diplôme et rémunéré au moins 2 800,53 € brut par mois (montant en vigueur, vérifié le 17/08/2026). Les ressortissants de pays liés à la France par un accord migratoire (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Congo, Gabon, Géorgie, Maurice, Sénégal, Tunisie) bénéficient de listes de métiers élargies sans opposabilité.
  5. Déposez le dossier et suivez-le sur l'ANEF. En cas de difficulté, un point d'accueil en préfecture ou une association d'aide aux étrangers peut vous accompagner gratuitement.

Titulaires d'une licence professionnelle ou d'un master : vous pouvez aussi passer par la carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise » (ci-dessous) ou, selon le salaire, par la carte « talent ».

Jeunes diplômés : la carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise » (RECE)

La carte RECE permet de rester en France après le diplôme pour chercher un emploi ou créer une entreprise :

Métiers en tension et admission exceptionnelle par le travail (état du droit au 17/08/2026)

La loi du 26 janvier 2024 a créé une admission exceptionnelle au séjour pour les travailleurs sans titre exerçant un métier en tension (article L.435-4 du Ceseda). Le dispositif s'applique jusqu'au 31 décembre 2026. Conditions :

La demande est individuelle : la participation de l'employeur n'est pas obligatoire. Le préfet apprécie aussi l'insertion sociale et familiale et l'adhésion aux valeurs de la République. En cas d'accord, une carte « travailleur temporaire » ou « salarié » d'un an est délivrée. Les listes de métiers en tension sont fixées par région par un arrêté du 21 mai 2025.

Vos droits au travail sont les mêmes, quel que soit votre titre

Dès que vous travaillez en France, le droit du travail s'applique intégralement, sans distinction de nationalité ou de titre de séjour :

Questions fréquentes

Combien d'heures un étudiant étranger peut-il travailler en France ?

Avec un VLS-TS ou une carte de séjour « étudiant », vous pouvez travailler au maximum 964 heures par an, soit 60 % de la durée annuelle légale du travail, sans autorisation de travail. Votre employeur doit simplement déclarer votre embauche à la préfecture au moins 2 jours ouvrables avant. Le régime est différent pour les étudiants algériens : une autorisation de travail est nécessaire, dans la limite de 50 % de la durée annuelle de travail de la branche concernée.

Qui demande l'autorisation de travail : moi ou mon employeur ?

C'est l'employeur (ou son mandataire) qui demande l'autorisation de travail, uniquement en ligne, sur le téléservice du ministère de l'Intérieur. L'administration a 2 mois pour répondre ; l'absence de réponse vaut refus. Certains titres dispensent d'autorisation : carte de résident, carte « vie privée et familiale », carte « talent », carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise », visa vacances-travail, notamment.

Comment passer du statut étudiant au statut salarié ?

Vous demandez le changement de statut dans les 2 mois qui précèdent l'expiration de votre carte « étudiant », en ligne sur le site de l'ANEF. Votre employeur demande l'autorisation de travail. La situation de l'emploi peut vous être opposée, sauf si le métier figure sur la liste des métiers en tension ou si l'emploi est en lien avec votre diplôme et rémunéré au moins 2 800,53 € brut par mois (montant vérifié le 17/08/2026).

Qu'est-ce que la carte « recherche d'emploi ou création d'entreprise » (RECE) ?

C'est une carte de séjour d'un an, non renouvelable, pour les diplômés d'un master ou équivalent (licence professionnelle, mastère spécialisé, Master of Science labellisé par la Conférence des grandes écoles). Elle permet de chercher un emploi ou de créer une entreprise. Elle se demande en France dans les 12 mois suivant le diplôme, ou depuis l'étranger dans les 4 ans. Les étudiants algériens relèvent d'un accord bilatéral distinct et n'y ont pas accès.

La régularisation par les métiers en tension existe-t-elle encore en 2026 ?

Oui. Le dispositif d'admission exceptionnelle au séjour « métiers en tension » (article L.435-4 du Ceseda, issu de la loi du 26 janvier 2024) s'applique jusqu'au 31 décembre 2026. Il faut justifier de 12 mois de travail salarié (consécutifs ou non) dans un métier en tension au cours des 24 derniers mois, occuper actuellement un emploi dans un métier en tension et résider en France de façon ininterrompue depuis au moins 3 ans. La participation de l'employeur n'est pas obligatoire.

Ai-je les mêmes droits au travail qu'un salarié français ?

Oui. Dès lors que vous travaillez en France, le droit du travail s'applique de la même façon quel que soit votre titre de séjour : SMIC (12,31 € brut de l'heure au 1er janvier 2026, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures), contrat de travail, durée légale, congés payés. En cas de litige avec votre employeur, vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes.

Pour aller plus loin

Sources officielles

ℹ️ Ces informations sont générales et ne constituent pas un conseil juridique individualisé. Pour votre situation précise, rapprochez-vous de votre préfecture, d'un point d'accueil numérique ou d'une association d'aide aux étrangers.